La Fast Fashion, pourquoi faut-il en finir ?
  • Charlotte

La Fast Fashion, pourquoi faut-il en finir ?

Des pesticides aux produits chimiques en passant par la consommation massive d’énergie, de matières synthétiques non biodégradables et par la consommation excessive d'eau, la fast fashion a un réel impact négatif sur l’environnement mais aussi sur notre santé.

La fast fashion est un segment de l'industrie vestimentaire qui se caractérise par le renouvellement très rapide des vêtements proposés à la vente, plusieurs fois par saison, voire même plusieurs fois par mois…


Les vêtements sont produits en petites séries de faible qualité et les stocks sont très peu renouvelés. Car ces produits sont destinés à être vendus à un coût très bas, suffisamment pour que la clientèle soit fortement incitée à renouveler sa garde-robe, et ce, très fréquemment.


Cela entraîne une énorme surconsommation et, par conséquent, un gaspillage inimaginable : Les enseignes de prêt-à-porter abordables traduisent dans les meilleurs délais les tendances des défilés en vêtements de mauvaise qualité et révisent complètement le calendrier du marché, ajoutant des articles à leurs collections jusqu’à deux fois par semaine.


En effet, puisque les vêtements vendus par les champions de la fast fashion (H&M, Zara, Mango,Topshop… pour ne citer qu’eux) sont de moindre qualité, ils ne sont pas voués à être portés longtemps et sont vite remplacés par la prochaine tendance, ou la même pièce « en neuf ». En effet, la norme chez les consommateurs de Fast Fashion (FF), est de ne porter une même pièce que cinq fois avant de la jeter, ce qui correspond à peine à deux mois d’usage… En réalité, la qualité de ces vêtements est telle qu’ils ne tiendraient pas la route beaucoup plus longtemps. FAST fashion on a dit !

Pollution de l’environnement et dangers pour la santé :


Cette production intensive a bien évidemment des conséquences négatives pour l’environnement. L’industrie de la mode est la deuxième industrie la plus polluante derrière l’industrie pétrolière dont elle exploite ses dérivés. Bien évidemment, la fast-fashion ne fait que contribuer à cette pollution en usant de nombreux produits chimiques non-dégradables. Par exemple, pour fabriquer un simple t-shirt blanc, les industriels utilisent du chlore pour blanchir la fibre de coton.


Sans parler des métaux lourds utilisés pour teinter les vêtements qui sont aussi bien toxiques pour la peau que pour l’environnement. Et bien souvent, les résidus sont déversés dans des cours d’eau et finissent dans les nappes phréatiques, portant atteinte à la faune et à la flore, mais aussi à la santé des habitants vivants près de ces sources d’eau polluées dont ils se servent au quotidien.


n.b. Il faut 1,5 kg de pétrole pour fabriquer 1 kg de polyester.


Ensuite, les déchets textiles, peu voir non recyclables, s’empilent sur les sites d’enfouissement à ciel ouvert pendant plusieurs centaines d’années, s’ils ne sont pas envoyés à l’incinérateur, une autre solution peu souhaitable, en raison des gaz toxiques qui s’échappent dans l’atmosphère.

On estime d’ailleurs que ces produits insta-jetables génèrent cinq fois plus d’émissions de carbone que des vêtements conçus pour durer plus d’un an…


Les tissus synthétiques les plus populaires chez les entreprises de FF, à savoir le polyester, le nylon et les fibres acryliques, obtiennent leurs qualités au moyen d’additifs chimiques extrêmement nocifs pour l’environnement. D’ailleurs, ces matériaux sont essentiellement des plastiques issus de pétrole. Les additifs et les colorants employés dans la fabrication de ces produits sont également dangereux pour ceux qui les portent, en plus d’être la cause d’une proportion choquante de pollution aquatique.


Mais ce n’est pas tout, l’industrie du coton est tout aussi ravageuse pour l’environnement et les agriculteurs, car elle exige un usage considérable de pesticides. Certains cultivateurs défavorisés arrosent les sols sans protection et s’exposent à de graves problèmes de santé. De plus, les pesticides utilisés dans les champs de coton endommagent les sols agricoles, contaminent les cours d’eau avoisinants et s’approvisionnent dans des ressources d’eau douce partout dans le monde.


Des pratiques de travail indignes :


Qui fabrique nos vêtements ? C'est une question de plus en plus posée par les personnes qui cherchent à adopter un mode de vie écologique. Pourtant, la frénésie de la FF continue. Cela a entrainé les grandes entreprises et les détaillants à s'engager dans des pratiques de travail déloyales. Elles font tout pour maintenir les coûts de production bas et pour augmenter le taux de production, le rendement.


Aujourd'hui, les femmes représentent plus de 80% des travailleurs du textile dans le monde, dont beaucoup travaillent de nombreuses heures supplémentaires pour un salaire très modeste, pour ne pas dire injuste et clairement déséquilibré.

Le travail des enfants contribue également à alimenter la frénésie de la FF. Cela saute aux yeux, les ouvriers âgés de moins de 18ans représentant 60% du total des ouvriers dans l'industrie de la mode. Sans parler du manque de réglementation qui expose des millions de travailleurs à des conditions de travail très dangereuses pour ne pas dire mortelles.


Finalement, de nombreuses vies humaines sont sacrifiées pour satisfaire nos désirs de mode à bas prix dans des usines de textile généralement situées en Asie et en Europe de l’Est. Les entreprises de FF profitent d’une main d’oeuvre très mal salariée afin d’inonder le marché en tout temps. En plus de n’avoir aucun avantage social, les travailleurs affrontent des conditions de travail désastreuses et sont poussés à produire plus pour moins, toujours plus vite.


Que dire des consommateurs de FF qui prônent les dons de leurs vêtements usagers dont ils se sont lassés ?


Nous autres, européens, pensons que lorsque nous donnons nos vêtements usagés ou simplement démodés, ils feront le bonheur d’une personne qui en a réellement besoin.

Mais en réalité, seule une minuscule part (5% environ) des vêtements collectés est distribuée à des nécessiteux. Et le reste ?

- 10% à 20% est éliminé sous forme de déchets

- 30% est transformé

- 40% à 50% est envoyé sur le marché des vêtements usagés.


Le marché des vêtements usagés consiste à récolter des vieux vêtements puis les envoyer en Asie ou en Afrique pour faire l’objet d’une nouvelle mise en vente sur ce marché. Le don initial s’est transformé en affaire, en raison du financement du transport de ces marchandises, par des entreprises commerciales. Ces entreprises effectuent la collecte et la revente des habits usés, moyennant une contribution aux organisations caritatives qui leur donnent droit à ramasser les vêtements en leurs noms. C’est ainsi que le don de vêtements usés se transforme en une affaire commerciale avec pour objet une marchandise très convoitée sur le marché mondial.


Mais tout cela n’est pas sans conséquences pour les pays qui doivent traiter avec ces vêtements usés.


Par exemple, il y aurait chaque année, plus de 400 000 tonnes de vieux vêtements déchargés dans les ports africains. Dans les rues africaines, les vêtements venus d’Europe et d’Amérique prédominent, si bien que les tissus et les motifs créés sur place sont bien plus rares qu’il y a encore 20ans.


Il est temps de réfléchir au véritable coût de ce mode de vie, dont les conséquences affectent bien plus que notre budget personnel. Heureusement il existe des solutions, de plus en plus de marques responsables et tendances se développent et réinventent une mode plus lente, une slow fashion qui permet de se recentrer sur ses valeurs, à son rythme et pour longtemps.

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