Peut-on encore échapper aux microplastiques ?
  • Charlotte

Peut-on encore échapper aux microplastiques ?

Depuis quelques temps, on voit partout des images-chocs d’animaux marins pris au piège dans des sacs en plastique, bouteilles et autres filets flottant en mer. Ces photos suscitent l’indignation du plus grand nombre, bien sûr. Mais en réalité, le pire est invisible à l’oeil nu.

Ce que l’on ne voit pas sur ces images, ce sont les milliards de microplastiques en suspension dans l’eau, qui contaminent la chaîne alimentaire marine et l’équilibre biologique global.


Les microplastiques, ce sont des miettes de plastiques de taille comprise entre 5 millimètres et quelques centaines de nanomètres, soit 70 fois plus petits que l’épaisseur d’un cheveu. Ils sont issus soit de particules de plastiques fragmentées par l’environnement marin, soit directement de produits d’entretien, produits cosmétiques, médicaments, etc…


Ces microplastiques sont si petits qu’ils échappent aux traitements des eaux et constituent donc un problème de pollution important.

On en retrouve ainsi partout autour de nous : dans l’air, les habitations, les cours d’eau, la terre mais aussi les océans. On estime aujourd’hui que 10% de l’ensemble des plastiques produits depuis leur invention auraient terminé leur vie dans les océans.


Selon l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) 1,52 millions de tonnes de microplastiques sont rejetées dans les océans chaque année.

En 2018, WWF déclarait que la mer Méditerranée concentre un niveau record de microplastiques, qui est presque quatre fois plus élevé dans cette mer quasi fermée que dans les « continents » de déchets de plastique repérés dans les océans. La Méditerranée présenterait en effet 250 milliards de particules de microplastiques…


Mais l’invasion des microplastiques ne s’arrête pas aux mers et océans, elle touche également les écosystèmes des lacs et des rivières. C’est le cas du Lac Léman en Suisse, ou des Grands Lacs aux Etats-Unis, notamment le lac Erie dont la pollution est désormais supérieure à celle des océans.

Plus récemment, les chercheurs de l’Institut Alfred-Wegener pour la recherche polaire et marine (AWI, Allemagne) ont retrouvé jusqu’à 12 000 particules de microplastique par litre en faisant fondre des échantillons de banquise prélevés dans la zone arctique...

Des chercheurs ont même découvert pour la première fois des microplastiques dans les entrailles de mini crustacés vivant à près de 11 km de profondeur...


Plus petites qu’un grain de riz, ces particules entrent en interaction avec un très grand nombre d’organismes marins et représentent un danger potentiel – encore très peu documenté – pour toute la chaîne alimentaire marine. Du plancton jusqu’à notre assiette.



Lors de leur décomposition dans le milieu marin, les composants plastiques rejettent des particules nocives et des substances qui agissent comme perturbateurs endocriniens ; des plastifiants, des retardateurs de flamme, des filtres UV, etc. Ces substances peuvent ensuite se retrouver dans l’organisme humain et entraîner de graves problèmes de santé.


Finalement, on en retrouve partout : dans l’eau que nous buvons, les produits de la mer que nous consommons, le sel et même dans l’air que nous respirons.


Alors, à qui la faute ?


La faute à l'omniprésence du plastique dans notre vie quotidienne, et au recyclage limité de ces déchets plastiques, à seulement 1/3 en Europe.


Bien sûr, 80% du plastique des océans provient de source terrestre. Les vraies solutions doivent être prises sur terre, et nous n'avons d'autre choix que de faire la chasse au plastique, à l'échelle individuelle aussi :

  • limiter les plastiques à usage unique (notamment les sacs plastiques, même biosourcés ou compostables)

  • préférer le vrac et les produits sans emballages

  • opter pour une brosse à dents en bambou et du fil dentaire biodégradable

  • préférer les peignes et pinces à linge en bois, les éponges en cellulose, la vaisselle en céramique, les bouteilles en verre, les serviettes en coton…

  • mieux choisir ses cosmétiques et détergents

  • sensibiliser son entourage et essayer de faire bouger les choses, à son niveau !



Vous pouvez aussi aider TOOKKI à protéger et nettoyer les plages de leurs déchets grâce à Boon.Today et Surf Rider.


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